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Maison Doucet-Thibodeault à Bécancour

Il s'agit d'une maison en pierre de style néoclassique construite au tournant du 19e siècle le long du fleuve St-Laurent dans le secteur Ste-Angèle-de-Laval de la ville de Bécancour. Les plus vieux titres récupérés pour la maison datent de 1808.

Le 9 décembre 1808 : " François Doucet capitaine de milice de Bécancour et Geneviève Beaudet désirent procurer un établissement à leur fils François Doucet. Ils lui cèdent la terre située dans le fief Bruyère paroisse de Bécancour contenant 2 arpents de front moins une perche et demie sur la profondeur depuis le fleuve St-Laurent jusqu’au lac outardes, joignant au Sud-Ouest à David Luis Bourgeois, et nord-est à François et Jean Doucet. Cela comprend la maison, la grange et l'étable. Ils donnent aussi des animaux et divers articles. Par ailleurs, le fils doit donner à perpétuité une pension à ses parents et les loger chez lui. Sont intervenus dans l’entente François Doucet et sa femme Marguerite, Joseph Girouard de la paroisse de Gentilly et Marie Doucet sa femme, lesquels renoncent à leur droit d’hérédité puisqu’ils ont reçu des avantages de leur père dans le passé."

Même s'il y a peu de détails dans cet acte notarié, tout porte à croire que la maison date environ de cette époque. Malheureusement, aucun contrat de construction n'a été retrouvé. D'une manière ou d'une autre, selon le style de la maison, il est probable que la maison ait été construite à cette époque. Les premiers actes notariés faisant référence à une maison de pierres datent de 1856. À cette époque, la maison est séparée entre 2 frères : Hilaire et Joseph Doucet, probablement 2 frères qui sont aussi les petits-fils de François Doucet le premier propriétaire de la maison. Il est difficile de refaire la filiation des membres de cette famille en raison de noms fréquemment répétés entre fils et père. Il y a par exemple 2 François Doucet et 2 Joseph chacun père-fils.

"Acte de partage entre Hilaire et Joseph Doucet fils. Une terre de 20 perches de front à aller à Pierre Tourigny, Antoine Bourgeois et le chemin du roi avec une étable. De plus, une terre d’un arpent 9 perches en bas du chemin du roi qui joint à François Doucet et Antoine Bourgeois avec une maison de pierres, une remise, une étable, une écurie. Hilaire pourra enlever l’étable qui est située dans la ligne de la terre. Une rue de 40 pieds de large demeurera entre les deux parties. Pour diviser la maison de pierres à un étage et cuisine du côté nord-est, lesdites parties sont convenues comme suit : 1- la partie de la cave du côté sud-ouest avec l’escalier, le sieur et la cloison, 2- La partie du côté sud-ouest séparée par une cloison en colombage du sud au nord. Les deux portes l’une devant et l’autre derrière le sont en commun, ainsi que l’escalier pour monter dans les mansardes. Le côté sud-ouest contient deux appartements. La moitié du petit grenier serait et appartiendront à toujours au dit Joseph Doucet. L’autre partie de la cave du côté nord-est du premier étage, des mansardes les trois chambres à coucher, avec la moitié du petit grenier et l’escalier pour y communiquer seront et appartiendront à toujours au dit Hilaire Doucet. Les deux portes l’une devant et l’autre derrière l’escalier pour communiquer dans les mansardes jouiront en commun entre lesdits Joseph et Hilaire Doucet."

On sait donc que la maison existait avant 1856. Plusieurs finitions apportées à la maison sont postérieures à cette date comme le confirment les caissons du plafond du rez-de-chaussée qui sont différents des 2 côtés de la maison. On sait que les divisions et modifications de la maison réalisées pour la séparer en 2 sont postérieures à la construction. Autrement dit, la maison n'a pas été conçue pour être 2 maisons. C'était une maison néoclassique typique avec 4 fenêtres symétriques en façade séparées par une porte située au milieu du bâtiment. Par exemple, aux fins de créer 2 maisons, une fenêtre a été convertie en porte en façade et un trou a été percé dans le mur pignon ouest pour y mettre une porte. À cet effet, la cheminée d'origine a été condamnée, car la porte passait à travers le conduit de la cheminée intégrée à même la maçonnerie du bâtiment.

La maison a changé de main à plusieurs reprises. Forgeron, cultivateur, commerçant se sont succédé dans la maison. Seule la chaine de titre de la partie est de la maison a été étudiée, la partie ouest n'a pas fait l'objet de recherche à ce jour. La partie est de la maison a été acquise par J-F Albert et P. Claveau le 12 janvier 2001. La partie ouest de la maison a été acquise le 14 mai 2002 par ces mêmes personnes. Finalement, une annexe adossée au nord de la partie ouest de la maison a été acquise le 4 juin 2009. Depuis juillet 2011, l'ensemble de la maison appartient à J-F Albert. L'annexe a été démolie au printemps 2012. En janvier 2008, pour la première fois depuis plus d'un siècle, les 2 côtés de la maison ont été physiquement réunis. La partie ouest de la maison a déjà été utilisée comme hôtel ce dont plusieurs personnes du village se souviennent. À l'époque, le pont Laviolette n'existant pas, la maison servait de refuge pour ceux qui prenaient la traverse située non loin de la maison. Cette maison est bien ancrée au coeur du village et possède une riche histoire. Avant que le village se nomme Ste-Angèle-de-Laval, on parlait de Doucet's landing en référence à cette maison appartenant à la famille Doucet qui accueillait les travailleurs affiliés au chemin.

 

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Photos de la réfection de la toiture

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Réfection de la toiture

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En 2012, la toiture de la maison était dans un très mauvais état. Dans les années 80-90, du bardeau d'asphalte avait été installé directement par-dessus la vieille tôle canadienne. Ce bardeau était en fin de vie avancée. De plus, un ancien bâtiment attenant à la maison, sans doute à l'origine une ancienne cuisine d'été, a été démoli au printemps 2012 de sorte que la toiture à cet endroit était ravagée. À cela s'ajoute le fait que la structure de la toiture s'était détériorée avec les années de sorte que les larmiers étaient tout croches et la structure par endroit très faible. La structure était d'origine, du moins datait-elle de l'époque à laquelle les propriétaires avaient rajouté un larmier car des indices dans la maçonnerie indique que le premier toit était droit et dépassait très peu le bâti de la maison. Une réfection en bonne et due forme devenait nécessaire …

Dans le respect de la toiture initiale, il a été décidé de refaire une toiture en tôle canadienne. Les larmiers devaient être complètement reconstruits et des gouttières ajoutées. Comme il ne restait qu'une seule cheminée sur les 2 originales et que cette cheminée était très laide esthétiquement, il a été décidé de rajouter deux cheminées d'apparat en tôle, l'une d'elles devant encore servir pour le poêle à bois qui a été introduit dans le vieil âtre. Les fenêtres des lucarnes ont été changées durant cette opération puisque de la tôle devait être apposée sur les fenêtres et que celles-ci devaient être de toute façon changées. Finalement, il a été décidé d'isoler la toiture par l'intérieur à l'uréthane giclé puisque l'isolation précédente était au plancher du grenier et déficiente. À ce stade, un compromis devait être fait puisque la structure du toit devenait ainsi cachée par l'uréthane. Toutefois, cette décision fut simple à prendre notamment parce que les fermes de toit ne présentaient aucun intérêt particulier contrairement à plusieurs maisons dans lesquelles la charpente du toit est une véritable œuvre d'art. Pour réaliser ces travaux, un seul entrepreneur a été engagé. Il s'agit d'un artisan tôlier, Éric Simoneau de Saint-Agapit. Les travaux ont duré environ 1 mois et demi presque 5 jours par semaine pour une moyenne d'environ 2-3 ouvriers quotidiennement. Un chantier imposant rempli de surprises ….

1. Avant les travaux

La toiture est visiblement à refaire. Le toit est courbe, la cheminée inadaptée, le bardeau en fin de vie et à l'arrière, le larmier complètement à refaire et l'ancien toit du bâtiment autrefois annexé à démolir. À remarquer l'ancienne toiture canadienne sous le toit de l'ancienne annexe ainsi que la lucarne condamnée qui retrouve la lumière du soleil après avoir passé plus de 100 ans à l'ombre !

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2. Échafaudage et retrait des larmiers

La maison a été entièrement échafaudée sur les 4 faces. Dans un premier temps, les larmiers existants ont été détruits. Les sablières ont été renforcées avec du contreplaqué de 2 façons. D'abord, en rajoutant sur toute la longueur du contreplaqué sur lequel seront fixées les futures structures des larmiers. Ensuite, en reliant les sablières entres-elles pour les renforcer. Ce rôle était autrefois joué par les entretoises en queue d'aronde. Lorsque présentes, ces entretoises ont été conservées, mais elles étaient pourries à plusieurs endroits. Une des photos présente une entretoise saine et conservée. On distingue les murs intérieurs de la maison en latte recouverts de plâtre ainsi que la toiture d'origine.

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3. Retrait de l'ancienne toiture

Après le retrait des anciens recouvrements, on distingue sur ces photos plusieurs éléments d'intérêt : le trou laissé par la cheminée détruite dans le passé, l'espace des combles, une partie du grenier dans lequel on voit l'ancienne laine isolante au plancher, la maçonnerie des murs pignons. Question de faire des rénovations environnementales et d'en réduire les couts, le bois de démolition a été donné. Sur la photo de détail, on voit clairement la façon dont les coyaux étaient intégrés aux chevrons de la charpente de toit.

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4. Rénovation des lucarnes en vue de l'isolation

Le toit des lucarnes et éventuellement les frontons seront retirés pour isoler les lucarnes qui auparavant n'avaient aucune isolation.

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5. Préparation de la surface du toit

En guise d'assise pour la membrane imperméable et la tôle, un contreplaqué de 5/8 de pouce a été installé. Pour l'instant, seule la partie supérieure aux lucarnes est posée définitivement puisque la partie inférieure devra être réouverte pour isoler les combles en continuité avec le grenier. Un des défis du chantier aura été d'éviter l'infiltration d'eau durant les travaux .. un défi partiellement réussi malheureusement.

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6. Pose du nouveau larmier et préparation à l'isolation des combles

Le nouveau larmier, dont la structure est faite de contreplaqué et bois 2X4, est posé sur la sablière renforcée ainsi que sur les chevrons et les coyaux encore solides. Des planches de sapin/épinette seront apposées sur cette structure avant d'y mettre le contreplaqué. En définitive, on obtient une structure très rigide. On peut voir le résultat du point de vue de l'intérieur d'un comble. Des planches sont apposées sous le larmier et cachent le moustiquaire préalablement posé pour éviter l'invasion des insectes dans l’entretoit.

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7. Isolation des combles

On voit les combles avant l'isolation à l'uréthane. Cet uréthane sera posé notamment sur une structure légère sur laquelle a été apposé de l'isolant rigide. On peut voir la jonction (encore incomplète) entre l'isolant des combles et celui du grenier (bleu les combles, rose le grenier). Une fois l'uréthane posé, cela donnera une bonne étanchéité continue avec les lucarnes et l'ensemble du toit.

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8. Réfection des lucarnes

À cette étape, les fenêtres sont changées, le fronton est refait ainsi que le toit de la lucarne. Du contreplaqué est apposé par dessus l'isolant, les anciennes moulures du fronton sont remises à leur place par-dessus la tôle, le faîte du toit et les coins sont recouverts de tôle. Les cheminées en bois sont installées dans l'attente du recouvrement en tôle. Anciennement, les fenêtres étaient à 10 carreaux par battant comme en fait foi l'ancienne lucarne qui était emmurée. Néanmoins, afin de respecter le style de la maison, les battants comportent maintenant 2 carreaux pour s'harmoniser avec les vieilles fenêtres du rez-de-chaussée.

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9. Enfin de la tôle

La plus grande partie du chantier aura été consacrée à la démolition, la préparation du toit, son isolation et la réfection des lucarnes et cheminées. Finalement, c'est le moment de poser la tôle. Compte tenu de la courbure des larmiers, les premières sections de tôle sont droites. Pour le reste, il s'agira de tôle en losange communément appelé « à la canadienne ». La tôle est en galvalum 26.

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10. Finition des cheminées et des louvres

Les louvres permettent l'aération du toit. Une circulation d'air est forcée entre les louvres et le dessous des larmiers dans une chambre d'air aménagée entre l'isolant et l'intérieur du toit. La tôle est posée sur le restant du toit, les cheminées et les lucarnes. Ce travail s'exécute assez rapidement, mais l'entrepreneur aura eu à plier la tôle au préalable en atelier.

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11. La fin du chantier et le résultat

À la toute fin, la moulure de bordure de toit est posée. Commence alors le démontage des échafaudages. Et finalement, le travail est terminé. Le résultat est évidemment très contrastant avec la situation initiale ! En hiver, la toiture laisse aisément glisser la neige si bien que des amoncellements de neige se font au sol entre les lucarnes. Il restera à peindre les fenêtres et les moulures, faire un peu de mortier entre la moulure de bordure de toit et le mur de pierre et toute cette partie de la maison sera finalement terminée. Prochain chantier : les galeries, refaire les ouvertures comme à l'origine et aménager le terrain qui aura été négligé faute de temps !

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Photos des travaux du salon ouest

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Photos de la restauration du plafond à caisson

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Photos de la reconstruction du foyer

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